Catéchèse des dimanches de l’Avent

mardi 2 janvier 2018
par  Bernard Le Ho , Père Gérard Nicole
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Le Recteur du Sanctuaire marial diocésain Notre Dame de Toute Aide
a donné ces trois catéchèses mariales au cours de l’Avent 2017.

  • dimanche 3 décembre 2017 : Marie dans la confession de foi de l’Église
  • dimanche 10 décembre 2017 Marie dans les Évangiles et les Actes des Apôtres.
  • dimanche 17 décembre 2017 Quelques questions à propos de Marie

Bonne lecture.

Abbé Gérard NICOLE +

 Catéchèse du dimanche 3 décembre 2017

Marie dans la confession de foi de l’Église

Dans les professions de foi nous lisons :

  • Il est né de la Vierge Marie (Symbole des Apôtres)
  • Il a pris chair de la Vierge Marie (symbole de Nicée Constantinople)

Ces deux professions de foi, et d’autres encore aussi anciennes, mettent en relation la naissance de Jésus avec l’action de l’Esprit Saint.
La mission de l’Esprit Saint est toujours liée à celle de Jésus. L’Esprit Saint est envoyé pour sanctifier le sein de la Vierge Marie. Elle conçoit le Fils éternel du Père dans une humanité tirée de la sienne.
L’ Annonciation à Marie que l’Église fête le 25 mars inaugure la plénitude des temps c’est-à-dire l’accomplissement des promesses et des préparations concernant la naissance du Messie d’une vierge.
Déjà il faut affirmer que ce que la foi catholique croit au sujet de Marie se fonde sur ce qu’elle croit au sujet du Christ et de l’Esprit Saint, mais ce qu’elle enseigne sur Marie éclaire à son tour sa foi au Christ et en l’Esprit Saint.

La préparation cachée de la naissance de Jésus se déploie en trois moments :

  • La prédestination de Marie. De toute éternité Dieu a choisi, pour être la Mère de son Fils, une fille d’Israël, une jeune juive de Nazareth en Galilée, une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, et le nom de la vierge était Marie. Tout au long de l’Ancien Testament la mission de Marie a été préparée par celle de saintes femmes. Tout au commencement Sarah, puis Anne la mère de Samuel, Déborah, Ruth, Judith, Esther, d’autres. Marie est originaire de ce peuple de Dieu. Elle est appelée pour cela fille de Sion.
  • L’Immaculée Conception. Au moment de l’Annonciation, l’ange Gabriel salue Marie comme « pleine de grâce ». Au long des siècles l’Église par sa prière et sa réflexion a pris conscience que Marie « comblée de grâce » par Dieu avait été rachetée dès sa conception par ses parents Anne et Joachim. Ceci est un dogme promulgué par Pie IX en 1854. Marie femme de notre humanité, au regard de sa mission de donner naissance au Fils de Dieu est prémunie des conséquences du péché originel. Les premiers théologiens de l’Église appellent Marie la « Toute-Sainte ». Ils la célèbrent comme « indemne de toute tache du péché ». Par la grâce de Dieu, Marie est restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie.
  • L’Annonciation. L’Ange Gabriel lui annonce à Nazareth qu’elle enfantera le « Fils du Très Haut », sans connaître d’homme, de manière virginale par la vertu du Saint Esprit. En disant oui à l’ange Marie devient Mère de Jésus. L’Église fait un parallèle entre Eve et Marie. Le noeud de la désobéissance d’Eve s’est dénoué par l’obéissance de Marie. Ce que la vierge Eve avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi. Par Eve la mort, par Marie la Vie

Marie Mère de Jésus, Mère de Dieu.

Marie dans la Tradition de l’Église est présentée comme une mère. Elle est appelée Mère de Jésus dans les évangiles. Une fois, dans la bouche d’Élisabeth elle est nommée « Mère de mon Seigneur ». Plus tard pour conforter la foi en la totale humanité et divinité de Jésus le concile d’Ephèse en 431 l’appellera theotokos, la Mère de Dieu parce que celui à qui elle donne naissance selon son humanité est le Fils éternel de Dieu, la seconde personne de la Trinité. Nous célébrons cette fête chaque 1er janvier. Le pape Paul VI a voulu à l’occasion du concile Vatican II (en 1964 et 1965) ajouter à Marie le titre de Mère de l’Église. Elle est aussi nommée dans ce même Concile Mère des hommes en parallèle avec son titre de Mère de Dieu.
En prononçant son oui à l’Annonciation et en donnant son consentement au mystère de l’Incarnation., Marie collabore déjà à toute l’œuvre que doit accomplir Jésus. Marie est Mère partout où il est le Sauveur.

Marie toujours vierge.

Dès les premières formulations de la foi l’Église a confessé que Jésus a été conçu par la seule puissance du Saint Esprit dans le corps de la Vierge Marie. Ceci veut dire que Jésus a Dieu seul pour père. Les théologiens d’hier et d’aujourd’hui voient dans la conception virginale le signe que c’est vraiment le Fils de Dieu qui est venu dans une humanité comme la nôtre. Plus qu’un miracle c’est une nouvelle création. En Jésus, Dieu par sa seule action établit dans l’histoire humaine un commencement nouveau et absolu.
Dans son Catéchisme l’Église catholique affirme que cette virginité est perpétuelle. Marie est « toujours vierge ». L’Église tient que Marie est restée vierge dans la conception de Jésus, dans sa mise au monde, et dans sa vie d’épouse de Joseph. Quand les évangiles parlent des frères et sœurs de Jésus il s’agit de ses proches parents selon une expression de l’Ancien Testament.

Résumé

Ce qu’il faut retenir en quatre points à partir du Catéchisme de l’Église Catholique

  • Dans la descendance d’Eve, Dieu a choisi la Vierge Marie pour être la Mère de son Fils. « Pleine de grâce », elle est le « fruit le plus excellent de la Rédemption » : dès le premier instant de sa conception, elle est totalement préservée de la tache du péché originel et elle est restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie (CEC 508).
  • Marie est vraiment « Mère de Dieu » puisqu’elle est la Mère du Fils éternel de Dieu fait homme, qui est Dieu lui-même (CEC 509).
  • Marie est restée vierge en concevant son Fils, vierge en l’enfantant, vierge pendant toute sa vie, dans une disponibilité totale à la mission de son Fils (CEC 510).
  • La Vierge Marie a « coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libres ». Elle a prononcé son oui « au nom de toute la nature humaine » : Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, Mère des vivants (CEC 511).
Abbé Gérard NICOLE+

 Catéchèse du dimanche 10 décembre 2017

Marie dans les Évangiles et les Actes des Apôtres.

Les quatre évangélistes ont mentionné le nom de Marie mais deux d’entre eux se sont plus spécialement intéressés à elle : Luc et Jean. Nous ignorons avec précision quelles sont leurs sources d ‘information.

Pour Luc, l’Église a toujours considéré qu’il a reçu communication de quelques confidences de Marie, elle-même, puisque certains faits qu’il rapporte n’ont eu qu’elle pour témoin, notamment ce qui concerne la naissance et l’enfance de Jésus. Jean quant à lui se présente comme le témoin direct des faits qu’il rapporte concernant Jésus et Marie, spécialement du baptême de Jésus à sa mort à Jérusalem.
Quand Luc et Jean écrivent chacun leur Évangile, certains de leurs contemporains ont pu connaître Marie la Mère de Jésus maintenant désignée comme la Mère du Seigneur, Dans l’évangile de Marc on lit : « Celui-là, n’est-ce pas le charpentier le fils de Marie ? ». Et dans l’Évangile de Jean : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? ». Nul ne peut douter de l’existence de Marie, la mère de Jésus.
Ce que les Évangiles nous rapportent des événements concernant Marie s’organise en trois pôles :

I. Marie, la naissance et l’enfance de Jésus.

Il y avait donc à Nazareth une jeune fille dont le nom était Marie. Les Évangiles ne nous parlent pas de ses parents. Au deuxième siècle des traditions apparues dans certaines communautés chrétiennes les ont appelés Anne et Joachim. Luc déclare que tout a commencé à Nazareth, un village de Galilée jamais cité dans l’Ancien Testament, à l’ouest du Lac de Tibériade. Luc nous donne des informations permettant de situer la naissance de Jésus vers 8 / 6 ans avant le début de l’ère chrétienne.
C’est à Nazareth qu’est faite à Marie l’annonce de sa conception de Jésus par l’action du Saint Esprit. Marie est alors dite fiancée à Joseph ce qui signifie, selon le droit juif de l’époque, que Joseph et Marie sont mariés mais sans avoir encore mené la vie commune. L’ange s’adresse à Marie comme à celle qui va devenir l’instrument de Dieu pour établir en Jésus son règne définitif sur le monde. Le oui que prononce Marie est dit totalement librement. Il bouleverse sa vie et celle de Joseph avec qui elle est engagée. Bien des questions ont été posées sur les projets qu’aurait pu faire ce couple sans l’annonce de cette naissance. « Il paraît sage de reconnaître notre ignorance, et de ne pas formuler des hypothèses pieuses mais invérifiables (Père Marc Joulin)  ».
En quittant Marie l’ange l’invite à accueillir la grossesse de sa cousine Élisabeth comme un signe que Dieu lui donne pour l’assurer dans cette aventure de foi où elle s’engage. L’ange la quitte et Marie se rend en hâte auprès d’ Élisabeth. L’Église appelle cette rencontre la Visitation et la célèbre le 31 mai.
Joseph est par ses origines familiales descendant de Jessé et de David. C’est dans leur village, à Bethléem, qu’il doit se faire recenser. La naissance de Jésus se déroule dans une grande précarité. Nous ne connaissons pas la date précise de la naissance de celle-ci. C’est au IV ème siècle qu’elle a été fixée au 25 décembre. Luc insiste pour noter que Marie a accouché de son enfant : « Elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et elle le coucha dans une mangeoire ».
Avec Joseph, Marie accomplit ce que la loi juive prescrit pour la naissance d’un garçon (attribution du nom de Jésus, et circoncision au huitième jour), qui plus est premier-né (purification de la mère, et présentation au Temple quarante jours après la naissance). L’observation de ces prescriptions inscrit Jésus dans le peuple juif. La promesse faite à Abraham, à Moïse est bien engagée en Jésus le fils de Marie, le fils de Joseph. L’évangéliste Mathieu s’adressant à des juifs devenus chrétiens, présente Jésus comme le nouveau Moïse. Le séjour de ce dernier en Égypte et son retour en Terre promise Jésus lui aussi les réalise à l’occasion de l’épisode mystérieux de la fuite en Égypte et du massacre des Saints Innocents (célébré le 28 décembre). Si Jésus est juif, il est aussi le Sauveur et le Roi de tous les hommes. Les mages venus d’Orient jusqu’à Bethléem, peut-être des astrologues babyloniens ou des conducteurs de caravanes venus de Syrie, en apportent la mystérieuse annonce qui provoque la colère d’Hérode, ce prétendu roi. La fête de l’Épiphanie est célébrée le deuxième dimanche après Noël. Commence le silence des années obscures pour Jésus et aussi pour Marie. Fait exception l’épisode du pèlerinage à Jérusalem où à douze ans, l’âge de la majorité légale pour un jeune juif, Jésus accompagne ses parents. Le dialogue de Jésus avec ses parents est assez déconcertant pour eux. Et Luc ajoute : « Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses dans son cœur ». C‘est plus tard qu’elle comprendra cet enfant, son fils, son unique……

II. Marie et la vie publique de Jésus.

Le Concile Vatican II dit que « Pendant la vie publique de Jésus, sa mère apparait expressément, et dès le début, quand aux noces de Cana en Galilée, touchée de pitié, elle obtint par son intercession que Jésus le Messie inaugurât ses miracles ». Le premier des signes / miracles de Jésus a donc lieu à Cana. Là Marie au cours d’un mariage constate la pénurie de vin, et, avec une charité attentive, elle signale à son fils l’embarras de leurs amis. Elle lui fait confiance : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Dans sa réponse Jésus appelle Marie « femme ». Ce terme inhabituel entre une mère et son fils donne à penser que Jésus s’adresse moins à sa mère selon les liens de la chair et du sang qu’à la femme qui par sa foi et sa fidélité devient son authentique disciple. Un autre bref passage signale la présence de Marie dans la vie publique de Jésus. On dit à Jésus que sa mère et des membres de sa famille le cherchent. Il répond que sa mère et ses frères sont tous ceux qui font la volonté du Père. Marie comprend qu’elle n’est ni la première ni la seule dans le cœur de son fils.

III. Marie dans le mystère pascal.

L’évangéliste Luc ne dit rien de Marie pendant les jours de la Passion. Nous verrons plus loin qu’il signale sa présence au Cénacle après la Résurrection. Le même évangéliste ne mentionne à aucun moment une apparition de Jésus ressuscité à sa mère. Même silence chez les autres évangélistes (dont Jean) et chez Paul. Jean nous rapporte la présence de Marie au pied de la croix de son fils. Marie, avec quelques autres femmes, se tenait debout près de la croix. Jésus voit sa mère, il la regarde et il lui parle en lui disant comme à Cana : « Femme ». C’est autant à la disciple qu’à la mère qu’il s’adresse mais pour lui confier une autre fonction maternelle : « Femme voici ton fils ». Marie, Mère de Jésus devient Mère de son disciple, et plus largement Mère de l’Eglise. Puis il confie Marie à Jean, elle qui n’a pas d’autre enfant. A la suite du disciple bien-aimé, chaque croyant est invité à faire une place à Marie dans sa vie de foi et de prière. Après l’Ascension de Jésus vers son Père les Apôtres se retrouvent à Jérusalem dans « une chambre haute » pour prier dans l’attente du don de l’Esprit. Luc dans les Actes des Apôtres énumère leurs onze noms. Il y ajoute la mention de la présence de quelques femmes dont Marie Mère de Jésus.

Abbé Gérard NICOLE+

 Catéchèse du dimanche 17 décembre 2017

Quelques questions à propos de Marie

La catéchèse de dimanche dernier s’est arrêtée à la prière de Marie au Cénacle. Nous ne connaissons rien de précis sur sa vie ultérieure. Les Écritures ne nous en disent rien.

L’Assomption et la fin terrestre de Marie ?

La promulgation par le pape Pie XII du dogme de l’Assomption n’a pas pris explicitement position sur ce silence. La vie de Marie s’est-elle terminée par sa mort, tout comme celle de son fils et des autres croyants, ou est-elle entrée dans la gloire de son fils sans connaître la mort (on parle alors de transitus- passage, puis de dormition en Orient et d’assomption en Occident) ? Ce qu’affirme la définition du dogme c’est que Marie n’a pas connu la dégradation du tombeau. Nombre de théologiens parmi les plus grands préfèrent parler de la mort de Marie. Ce dogme de l’Assomption assure notre foi en la résurrection des corps puisque Marie est totalement sauvée, en corps et en âme, et elle est ainsi associée à la gloire de son fils.

Marie médiatrice ?

La vocation essentielle de Marie est sa maternité. Nous l’avons vu Marie est mère de Jésus et mère de l’Église. Marie donne naissance au Premier-Né pour qu’il devienne « l’aîné d’une multitude de frères ». Ce rôle maternel et protecteur de Marie auprès des disciples du Christ a été lentement explicité au long de la vie de l’Église : d’un théologien du 4e siècle : « Marie est mère des membres puisqu’elle est mère de la Tête » au Concile Vatican II : « …..la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, ,de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’Unique Médiateur, le Christ ». Seul Jésus est Médiateur entre Dieu et nous. Marie ne se situe pas entre le Christ et nous. Elle est de notre côté, dans l’Église, et elle nous aide à nous unir au Christ notre seul Sauveur, comme il est aussi le sien. Le pape Jean Paul II avec beaucoup de précaution a parlé de Marie médiatrice mais en précisant que c’est là une médiation maternelle.

Peut-on prier Marie ?

Les prières chrétiennes s’adressent toujours d’abord à Dieu le Père, à son Fils Jésus Christ et à l’Esprit Saint (on adore Dieu). Mais la majorité des chrétiens n’hésite jamais à faire appel à l’intercession (intervenir en faveur de) de Marie, des saints, des martyrs (on honore Marie et les saints).

Je présente trois formes de prière mariale.

  • Très tôt dans la vie de l’Église l’on s’est tourné vers Marie en reprenant la salutation de l’ange à l’Annonciation : Khaïré ! (réjouis-toi), Ave, Salut ! Et l’on y a ajouté le nom de Marie. Par la suite d’autres paroles de l’ange, puis d’Élisabeth furent adjointes à ce salut marial. Puis au XVI ème siècle fut ajoutée la seconde partie du Je vous salue Marie. Ce n’est qu’au XIX ème siècle que l’on inclut la mention des « pauvres » pécheurs.
  • La période du Moyen Age avait pris l’habitude de consacrer le mois de mai à la prière mariale. A cette même époque l’on couronnait de roses, belles mais aussi porteuses d’épines, les statues de Marie. On en vint à donner le nom de chapelet (petit chapeau) ou rosaire à ces prières répétées de l’Ave. Plus tard, au XIV ème siècle en Allemagne, on structurera ces prières répétées de l’Ave en quinze mystères ou épisodes de la vie de Jésus et de Marie (cinq mystères joyeux, cinq mystères douloureux, cinq mystères glorieux). Récemment Jean Paul II devait y ajouter cinq nouveaux épisodes tirés du ministère public de Jésus, les mystères lumineux. Ce sont ces quatre séries de mystères qui forment ce qu’on appelle le rosaire. Toujours en Allemagne au XIV ème siècle à la récitation de chaque Ave on ajouta au début la récitation du Notre Père, et à la fin la louange de la Sainte Trinité (gloire au Père, et au Fils et au Saint Esprit).
  • L‘Angélus s’est formé progressivement à partir du XIII ème siècle. Il consiste en la récitation de trois Ave matin, midi et soir, auxquels on a joint trois phrases de l’Évangile rappelant l’incarnation du Fils de Dieu. Il s’achève par une prière qui demande au Père de nous conduire par la passion et la croix de son Fils jusqu’à la gloire de sa résurrection.

Marie prie aujourd’hui encore avec nous et pour nous. La prière de Marie est toujours associée à celle du Fils et à celle de l’Esprit Saint. Avec Jésus, Marie est unie à sa contemplation du Père, à son action de grâce, à son intercession pour que son Règne vienne. Avec l’Esprit Saint, Marie prie pour l’Eglise et sa mission, elle prie pour le monde, elle rend grâce avec le Magnificat pour tous les actes de foi qui montent des cœurs humains, elle soutient ceux qui souffrent et désespèrent.

Peut-on parler des privilèges de Marie ?

L’on trouve parfois ce mot pour parler des dons particuliers faits à Marie. Comment bien comprendre ce mot quand il s’agit de l’utiliser pour la Vierge ? Marie ne reçoit pas des avantages pour elle, pour sa gloire. Ce qui vaut pour tous les personnages de la Bible, tous les saints de l’Église vaut aussi pour elle. Marie a une tâche, une mission à remplir, une vocation à réaliser, et elle reçoit de Dieu tout ce dont elle a besoin pour l’accomplir.

  • Marie est l’Immaculée Conception. Elle est préservée du péché originel. Si rien ne la sépare de Dieu c’est pour qu’elle participe par son oui à l’engendrement du Sauveur. Ce don de l’Immaculée Conception est au service de la mission de son fils, « pour nous les hommes et pour notre salut ».
  • Marie connaît deux Pentecôtes. La première est celle de l’Annonciation. Par le don de l’Esprit Marie conçoit Jésus sans participation d’un homme. Cette première Pentecôte est comme au service de celle de Jérusalem cinquante jours après Pâques. Marie est appelée par l’Esprit à engendrer des disciples réunis en Église, signe et instrument de la communion en Dieu de toute l’humanité. C’est pour devenir un jour Mère de l’Église que Marie a été choisie comme Mère du Fils de Dieu.
  • Marie est élevée dans la gloire de Dieu avec son corps et son âme. Ce n’est pas une récompense personnelle mais une nouvelle dimension de sa mission. Marie dans son Assomption est une figure d’espérance pour soutenir l’Église encore en chemin. Là où est arrivée Marie, là chacun est appelé à parvenir. Marie est la « parfaite image de l’Église à venir » (préface de la fête de l’Assomption).

Pour ?

Dans chacun de ces trois derniers paragraphes j’ai souligné en gras la préposition pour. J’ai voulu ainsi montrer que ce qu’on appelle privilèges de Marie ne sont en réalité que des dons pour accomplir une mission, pour une vocation à servir le désir de Dieu.

J’en tire deux conséquences pour approfondir notre attachement à Marie et notre intelligence de sa personne et de sa vocation.

  • Il faut tenir ensemble le don particulier fait à Marie et sa vocation à le mettre au service de l’Église, de ses membres. Et qu’est-ce qui est le plus grand ? Le don / privilège ou la vocation pour tous ?
  • Nous apprenons ce qu’est Marie à la lumière du terme de sa vie, de son accomplissement. C’est la fin qui fait comprendre le commencement. Son Immaculée Conception, sa maternité virginale, son Assomption s’éclairent quand on regarde l’ensemble de ce que Dieu nous a fait connaître par l’incarnation, la vie, la mort de Jésus, sa résurrection, son entrée dans la gloire.
Abbé Gérard NICOLE+

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