Fiat !

samedi 16 janvier 2010
par  P. Pierre de Couëssin
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Un mot que tout le monde connait plus ou moins dans la famille/Eglise, mais en dehors, c’est-à-dire pour la majorité de nos contemporains ? Pour eux, une marque de voiture italienne ! Point, à la ligne.

Dans la famille catho, pas certain que l’on comprenne vraiment ce mot latin de 4 lettres, ce qu’il contient, ce qu’il a entrainé dans la vie de celle qui l’a prononcé, dans la vie de beaucoup de chrétiens, dans la vie de l’humanité. Et pourtant !

Fiat ! « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il m’advienne selon ta parole ». Autre traduction : « Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit. » Je ne pense pas trahir la pensée de Marie en disant tout simplement : Oui, me voici !

La Vierge Marie au pied de la croix
Me voici. Voilà un vrai consentement qui est beaucoup plus qu’une acceptation parce qu’on ne peut pas faire autrement. Un consentement qui est tout autre chose qu’un emballement superficiel. Un consentement/engagement qui a sa source au plus profond d’elle-même. Un consentement qui est non seulement une confiance mais un abandon total. Simplement, Marie dira plus tard : « Dieu s’est penché sur moi ». Tout au long de sa vie, Marie vivra dans la foi la plus obscure. Mais elle n’en doute pas : Dieu est là.

Fiat ! L’enfant Jésus, suivant la loi juive, est parti au Temple 40 jours après sa naissance. Un vieillard, Syméon, prophétise : « Cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup et pour être contesté. Toi-même (il parle à Marie), un glaive te transperceras l’âme ». Lc 2, 34-35. Dans le cœur bouleversé de Marie, il y a : me voici.

Fiat ! A 12 ans, Jésus fait sa « mitsva » (disons sa profession de foi) au Temple de Jérusalem. Au terme de la fête – c’était Pâque – les parents prennent le chemin du retour. La « mitsva », pour un garçon, c’est comme une sorte de reconnaissance de sa maturité humaine et religieuse. Jésus n’est pas resté auprès de ses parents. Panique. Ils le cherchent partout et le trouvent, au bout de trois jours, au Temple. « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » Réponse : « Et pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? Mais eux ne comprirent pas. » Lc 2, 41-50. Etait-ce facile de comprendre ? Marie : me voici.

Le Calvaire de la chapelle de Querrien  -  voir en grand cette image
Fiat ! C’est la vie à Nazareth. Une trentaine d’années où il ne se passe rien. « Marie gardait toutes ces choses dans son cœur. » Lc 2, 51. Oui, me voici.

Fiat ! Jésus a maintenant quitté Nazareth et il parcourt le pays en prêchant la venue de son Royaume. Souvent, c’est dehors. Parfois c’est dans une maison. Ce jour-là, c’est le cas. On le prévient que sa mère, accompagnée de ses frères, voudrait lui parler. Réaction de Jésus : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Et, montrant ses disciples d’un geste de la main, il dit : voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de mon Père, celui-là m’est un frère, une sœur, une mère. »
Le récit ne dit rien de ce qui se passe dans le cœur de Marie. La volonté de Dieu, elle lui redonne son consentement. Me voici. Mais que cela a du être obscur, humainement incompréhensible.

Fiat ! Une autre fois, on est dehors. Une femme s’enthousiasme : « Heureuse la mère qui t’a porté. » Jésus a entendu et réplique : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent. » Lc 11, 27-28. Marie était-elle présente à la scène ? On ne sait pas. Mais on peut penser que les paroles de son Jésus lui ont été rapportées. Comment les a-elle prises ? Comme un désaveu ? Surement pas. Mais, dans un premier temps, comme cela a du être dur ! Ensuite, Marie, à son habitude a consenti. Me voici.

Fiat ! Voici encore un épisode où Marie n’est pas mentionnée. Lc 8, 1-3. Surement, elle savait. Elle savait que plusieurs femmes accompagnaient Jésus et ses apôtres dans leur mission à travers villes et villages. Il fallait assurer l’intendance. Rien de plus normal. Mais était-ce facile pour la maman de ne pas être de ce groupe ? Sans tout comprendre, sans bien comprendre, elle consentait. Me voici.

Fiat ! Il y a encore un autre épisode bien révélateur de la solitude intérieure de Marie par rapport à son entourage. Jn 7, 1-10. « Ses frères (de Jésus, c’est-à-dire son cousinage) lui disent : on n’agit pas en secret quand on veut être connu.. Manifeste-toi au monde. » Même ses frères, en effet, ne croyaient pas en lui. En fait, quelques jours après, Jésus va rejoindre Jérusalem mais en secret sans se faire voir. On sait pourquoi : il souffre d’être pris pour un Messie « politique » qui va restaurer le Royaume d’Israël et non bâtir son Royaume d’amour.
Marie baignait dans ce climat familial où Jésus n’était pas reconnu pour ce qu’il était. Elle avait mal à sa famille. Elle avait mal en elle-même. Elle avait mal à son Jésus. Mais c’était toujours : Me voici.

Fiat ! Enfin, le Calvaire. Elle est là au pied de la croix. Jean est là aussi. Et, peut-être, deux autres femmes dont Madeleine d’après Jn 19, 25-27. (Mais, rien de certain, car Lc 24,49, Mc 15,40 où Madeleine est nommée et aussi Mt 27, 55-56 où tous les fidèles de Jésus sont à distance.) Marie, elle est debout.

Là, pour de bon, pour toujours, pour tous, elle devient notre mère. « Voici ton fils. Voici ta mère. Et, à partir de ce moment là, Jean la prit chez lui. »


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